Budget mensuel : comment le calculer et mieux gérer ses dépenses ?
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Pourquoi établir un budget mensuel ?
Faire un budget ne consiste pas à noter chaque dépense au centime près.
L’objectif est surtout de comprendre trois choses :
combien d’argent entre chaque mois, combien doit obligatoirement sortir et quelle somme reste réellement disponible.
Cette visibilité permet notamment de mieux anticiper les périodes où le compte risque de se tendre, d’identifier certaines dépenses ajustables et de prévoir plus facilement les imprévus.
Un budget utile doit surtout être réaliste. Un budget théorique que l’on ne respecte jamais n’apporte pas grand-chose.
1. Commencer par ses revenus réellement disponibles
La première étape consiste à identifier les revenus dont on dispose effectivement chaque mois.
Cela peut comprendre :
- salaire net ;
- revenus d’une activité complémentaire ;
- pensions ;
- prestations sociales ;
- revenus réguliers du foyer.
Lorsque certains revenus varient d’un mois à l’autre, mieux vaut éviter de construire son budget sur le mois le plus favorable.
Il peut être plus prudent de prendre comme référence un revenu moyen ou un niveau de revenu que l’on sait pouvoir retrouver régulièrement.
L’objectif est d’obtenir une base réaliste.
2. Identifier les dépenses fixes
Viennent ensuite les dépenses qui reviennent régulièrement et dont le montant est relativement prévisible.
Par exemple :
- loyer ou remboursement immobilier ;
- énergie ;
- assurances ;
- télécommunications ;
- abonnements ;
- transport ;
- frais de garde ;
- remboursement de crédits.
Ces dépenses constituent le socle du budget.
Certaines sont prélevées tous les mois, d’autres seulement quelques fois par an.
Dans ce deuxième cas, il peut être utile de les ramener à un montant mensuel.
Une assurance de 600 € payée une fois par an représente par exemple une charge moyenne de 50 € par mois.
3. Estimer les dépenses variables
Certaines dépenses sont indispensables mais leur montant évolue d’un mois à l’autre.
C’est notamment le cas de :
- l’alimentation ;
- le carburant ;
- les transports ;
- les vêtements ;
- les loisirs ;
- les sorties ;
- certaines dépenses liées aux enfants.
Pour les estimer, le plus simple est généralement de regarder ses dépenses réelles sur plusieurs mois.
Il faut éviter de construire le budget à partir de ce que l’on aimerait dépenser.
Le point de départ doit être ce que l’on dépense réellement aujourd’hui.
On pourra ensuite chercher à ajuster certains postes.
4. Ne pas oublier les dépenses occasionnelles
C’est l’une des principales raisons pour lesquelles un budget peut sembler équilibré sur le papier mais ne pas fonctionner dans la réalité.
Certaines dépenses ne sont pas mensuelles mais restent prévisibles :
- entretien ou réparation d’un véhicule ;
- vacances ;
- rentrée scolaire ;
- cadeaux ;
- frais médicaux ;
- impôts ou taxes ;
- remplacement d’un équipement ;
- dépenses liées au logement.
Si elles ne sont jamais intégrées au budget, elles deviennent des « imprévus » alors qu’une partie d’entre elles pouvait être anticipée.
Une méthode consiste à estimer leur coût annuel puis à mettre progressivement de côté une somme chaque mois.
5. Calculer son reste disponible
Le calcul de base est simple :
revenus – dépenses prévues = reste disponible.
Ce reste disponible peut ensuite être utilisé pour :
- les dépenses du quotidien ;
- l’épargne ;
- les loisirs ;
- les projets ;
- les dépenses imprévues.
Cette vision est beaucoup plus utile que de simplement regarder le solde de son compte bancaire.
Un compte affichant 1 000 € peut donner l’impression d’une marge importante alors que 800 € de prélèvements sont encore prévus avant la prochaine paie.
Ce qui compte est donc moins le solde du jour que ce qui restera après les dépenses à venir.
6. Distinguer problème de budget et problème de calendrier
C’est une distinction importante.
Imaginons une personne qui reçoit 2 000 € par mois et dépense en moyenne 1 900 €.
Sur l’ensemble du mois, son budget est positif.
Pourtant, elle peut se retrouver à découvert pendant quelques jours si plusieurs dépenses importantes sont prélevées avant le versement de son salaire.
Il ne s’agit alors pas nécessairement d’un problème de niveau de dépenses.
Il peut s’agir d’un problème de calendrier entre les entrées et les sorties d’argent.
À l’inverse, si les dépenses atteignent régulièrement 2 200 € pour 2 000 € de revenus, modifier les dates de prélèvement ne résoudra pas le problème.
Le budget est structurellement déficitaire.
Ces deux situations ne nécessitent donc pas les mêmes réponses.
7. Se constituer une marge pour les imprévus
Un budget trop serré, dans lequel chaque euro est déjà affecté, reste fragile.
Une dépense imprévue peut immédiatement provoquer un découvert ou obliger à reporter une autre dépense.
Lorsque c’est possible, prévoir une marge permet d’absorber plus facilement :
- une réparation ;
- une facture plus élevée que prévu ;
- une dépense médicale ;
- un déplacement imprévu.
Cette marge peut ensuite progressivement contribuer à constituer une épargne de précaution.
Le montant nécessaire dépend évidemment de la situation de chacun.
L’important est surtout de commencer à créer un espace entre les revenus et les dépenses courantes.
Faut-il suivre la règle des 50/30/20 ?
La règle dite 50/30/20 est parfois utilisée comme méthode de répartition du budget :
- 50 % pour les besoins essentiels ;
- 30 % pour les dépenses personnelles ;
- 20 % pour l’épargne.
Elle peut servir de point de repère.
Mais elle ne constitue pas une règle universelle.
Pour un ménage dont le logement représente déjà une part importante du revenu, respecter ces proportions peut être impossible.
Le coût de la vie, la composition du foyer, la localisation et le niveau de revenu modifient fortement la structure d’un budget.
Il est donc préférable d’utiliser ce type de répartition comme outil de réflexion, et non comme objectif obligatoire.
Faut-il suivre son budget tous les jours ?
Pas nécessairement.
Un suivi trop contraignant est souvent abandonné rapidement.
Une méthode simple peut suffire :
en début de mois : anticiper les principales dépenses ;
une fois par semaine : vérifier l’évolution du compte ;
en fin de mois : comparer le budget prévu avec les dépenses réellement effectuées.
Après quelques mois, les principaux postes deviennent beaucoup plus faciles à anticiper.
Que faire lorsqu’une fin de mois devient difficile ?
La première étape est de comprendre pourquoi.
Est-ce :
- une dépense exceptionnelle ?
- une augmentation durable des charges ?
- plusieurs crédits qui se cumulent ?
- un revenu devenu insuffisant ?
- ou simplement un décalage entre les dépenses et la date de paie ?
Cette analyse est essentielle avant de choisir une solution.
Recourir systématiquement à un crédit pour compenser un budget structurellement déficitaire risque par exemple d’ajouter de nouvelles échéances aux mois suivants.
À l’inverse, lorsque le problème est uniquement temporaire, il peut être pertinent de regarder d’abord les ressources déjà disponibles ou acquises avant de créer une nouvelle dette.
Un bon budget doit surtout permettre d’anticiper
Faire un budget ne signifie pas supprimer toutes les dépenses non indispensables.
Son objectif est de permettre de décider plus consciemment comment utiliser son argent.
Un budget efficace permet de savoir :
ce que l’on gagne, ce que l’on doit payer, ce que l’on peut dépenser et ce que l’on souhaite garder de côté.
Et surtout, il permet de détecter suffisamment tôt un déséquilibre pour pouvoir agir avant que le compte ne bascule durablement dans le rouge.
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