L’expérience collaborateur : vers plus d’autonomie après la crise ?

Par
Yann Le Floc'h

6min.

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L’expérience collaborateur : vers plus d’autonomie après la crise ?

Nous avons très largement parlé du fait que le télétravail, au sortir de la crise,était plébiscité par environ 85% des salariés et 85% des DRH. Autant dire,donc, par quasiment tout le monde !

Et il semble bien que les modes de travail mis en place de façon « extraordinaire » pendant le confinement, loin de tomber dans l’oubli, vont se pérenniser. Nouveaux modes de management, nouvelles méthodes pour interagir en équipe, le monde de l’entreprise a fait un bond de plusieurs années d’évolution en à peine 3 mois.

Et ce qui ressort de tout ça, c’est également que les collaborateurs ont pris goût à l’autonomie.Moins de contraintes horaires, des managers moins dans le contrôle, un objectif au résultat et non plus au présentéisme…

Et pour intégrer ce nouveau besoin (ou bien cette nouvelle exigence ?) d’autonomie, les services Ressources Humaines vont devoir plancher pour transformer la vie au travail en conséquence. Tous ces domaines d’actions évoqués ci-dessus, ils appartiennent à ce que l’on nomme l’expérience collaborateur.

Et concernant cette politique RH, la feuille de route 2020 va résolument devoir être chamboulée pour prendre en compte ces préoccupations.

 

La nouvelle priorité des services RH

 

Le 29 janvier 2020, Forbes titrait l’un de ses articles « 2020, l’année de l’expérience collaborateurs ».L’expérience collaborateur, c’est une démarche toute récente pour les services RH. D’ailleurs, le « Baromètre National de l’Expérience Collaborateurs »n’existe que depuis 3 ans.

Et pourtant, c’est déjà une préoccupation majeure puisque 35% des entreprises déclarent l’avoir mise en place. Et oui, dans le monde« d’avant », le sujet était déjà devenu l’une des priorités RH du début d’année !

 

L’expérience collaborateur, c’est quoi ?

 

Mais qu’est-ce que l’expérience collaborateur ? Le terme, bien évidemment, est dérivé de l’expérience client chère aux services commerciaux et de l’expérience utilisateur des webdesigners. Et c’est une notion de marketing RH et de marque employeur.

Elle renvoie à toute l’expérience de vie du salarié en entreprise, de l’envoi de sa candidature au service recrutement à son départ. Intégration (le fameux« onboarding »), qualité de son poste de travail, de ses conditions de travail, des modes de management, d’évolution de carrière… C’est dire à quel point la question est large puisque, si l’on voulait être exact, il faudrait inclure la qualité gustative du café, dont s’abreuvera un collaborateur durant toute sa présence en entreprise !

De quoi mieux comprendre pourquoi les services RH ont pris la question à bras le corps ces dernières années.

 

Une politique d’expérience collaborateur, pour quoi faire ?

 

Pour attirer et fidéliser les meilleurs talents, il faut soigner les conditions de vie et les ressentis des collaborateurs… Dans un monde où les avis circulent librement sur le web, le moindre faux-pas peut être dommageable…

Suivant le Baromètre National de l’Expérience Collaborateurs 2020, les attentes des services RH, lorsqu’ils mettent en place cette démarche, sont principalement de :

-      Renforcer l’engagement des collaborateurs (77%),

-      Améliorer la performance globale de l’organisation (56%),

-      Favoriser l’attractivité de l’entreprise (42%),

-      Améliorer la qualité de vie au travail des collaborateurs (36%).

Et qui dit marketing RH dit segmentation des publics… Une bonne politique d’expérience collaborateur devra donc adresser différemment les managers, les salariés au contact des clients, les seniors, les hauts-potentiels, etc. Autant dire, donc, qu’il y aura quasiment autant de réponses que de salariés.

 

Répondre aux attentes d’expérience de tous les collaborateurs

 

Et la mise en place et l’amélioration constante d’une telle démarche est devenue fondamentale aussi parce que les mentalités des collaborateurs ont évolué. On le sait désormais, baby-boomers, millennials (qui représenteront 75% des salariés en 2025) ou génération Z (qui commencent à entrer sur le marché de l’emploi) ne vont pas avoir les mêmes attentes.

Par exemple, pour les plus jeunes, donner du sens à son travail est devenu indispensable. 57%d’entre eux, en effet, sont prêts à accepter un emploi qui paie mal mais qui a du sens. Mon travail a-t-il un impact visible sur la société, sur l’environnement ou bien s’agit-il d’un « bullshit job » ? Le nouvel engouement pour la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) et sa place centrale au sein des politiques RH en atteste.

 

Comment la HR Tech va accompagner ce nouveau besoin d’autonomie

 

Mais entant que membre du Lab-RH, nous ne pouvions pas ne pas évoquer comment la digitalisation et tout particulièrement les services des start ups de la HRtech, vont permettre aux entreprises de rendre possible ce nouveau désir d’autonomie.

D’abord, dans les outils de travail au quotidien. Le confinement et le télétravail qui l’a accompagné, c’est la victoire des Slack, Trello, Zoom au quotidien… souvent oubliés, les Réseaux Sociaux d’Entreprises, ces grosses machines qui finalement, séduisent bien moins que des solutions plus légères, plus simples et collaboratives !Et… facile à utiliser de partout, sans configurations préalables complexes du service informatique…

Ensuite, cette expérience collaborateur, dont la signification semble être si vague, elle peut être définie au plus près et soutenue grâce à des solutions techniques existantes. Nous avions déjà parlé de ces start ups, qui aident les services RH à interroger leurs employés sur leurs ressentis, à répondre à leurs questions, à les intégrer dans la stratégie d’entreprise, à renforcer la cohésion sociale des équipes, à mesurer leur satisfaction, etc.

Ensuite, c’est la gestion RH dans son ensemble qui est facilitée par des solutions techniques qu’apportent la HR Tech. Gestion des temps, des plannings, automatisation des services RH…

Chez Stairwage, par exemple, nous aidons à supprimer cette étape un peu taboue, qui empêche beaucoup de salariés de demander un acompte sur salaire : celle de la remise aux ressources humaines du formulaire de demande d’acompte. A sa place, nous permettons aux employés de déclencher le virement de la somme directement depuis l’application.

Et cette automatisation, cette suppression d’intermédiaires, est en passe d’améliorer sensiblement l’expérience collaborateur et… le besoin d’autonomie.

 

Nul doute, donc, que les services RH vont devoir revoir, en considération des crises sanitaires et économiques, les roadmaps « Expérience Collaborateurs 2020 »,savamment préparées en début d’année.

Les plans d’actions, les préconisations, les mémos au CEO…Vont probablement devoir être modifiés en profondeur, car nous avons réalisé une ellipse dans le temps, autant gigantesque qu’imprévisible !

A charge donc, pour les services Ressources Humaines, d’intégrer cette nouvelle donnée fondamentale,qui s’appelle l’autonomie et qui ne pourra plus être passée sous silence.

 

claps

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